Un manga sur une course de chevaux à travers les États-Unis des années 1890, qui finit classé numéro 2 de tous les temps sur MyAnimeList avec 9,33/10 – c’est le genre de trajectoire qui mérite qu’on s’y arrête. Steel Ball Run a d’abord déconcerté les lecteurs de JoJo’s Bizarre Adventure avant de s’imposer comme la référence absolue de la saga d’Hirohiko Araki.
Steel Ball Run, c’est quoi exactement?
Steel Ball Run est la 7e partie de JoJo’s Bizarre Adventure, écrite et dessinée par Hirohiko Araki. L’histoire se déroule en 1890 aux États-Unis et suit une course transcontinentale baptisée la « Steel Ball Run Race » – 6 000 kilomètres à cheval de San Diego à New York, avec un prize money de 50 millions de dollars à la clé.
Ce qui rend cette partie atypique dans la saga, c’est l’univers western assumé. On est loin des manoirs européens de Phantom Blood ou des plages égyptiennes de Stardust Crusaders. Araki opte ici pour un Amérique de la frontière, des déserts du Nevada aux Appalaches, avec une atmosphère qui rappelle davantage Sergio Leone que les shōnen classiques.
Autre particularité notable : Steel Ball Run n’a pas débuté comme une partie numérotée de JoJo. Annoncée initialement comme un univers parallèle, la série n’est officiellement revendiquée comme la 7e partie qu’à partir du tome 5. Araki avait alors migré vers l’Ultra Jump, laissant derrière lui le Weekly Shōnen Jump – un choix éditorial qui a donné à l’œuvre une liberté narrative visible dans chaque arc.
Le manga Steel Ball Run : volumes, éditions et popularité exceptionnelle
Le manga totalise 95 chapitres répartis en 24 tomes tankōbon, numérotés 81 à 104 dans la numérotation globale de JoJo’s Bizarre Adventure. La prépublication a débuté dans le Weekly Shōnen Jump le 19 janvier 2004 avant de migrer vers l’Ultra Jump dès le 19 mars 2005, pour une conclusion le 19 avril 2011 – soit sept ans de publication au total.
Ce changement de support, du shōnen hebdomadaire vers le seinen mensuel, n’est pas anodin. Le rythme plus lent de l’Ultra Jump a permis à Araki de soigner ses planches et d’approfondir ses personnages d’une manière que le format hebdomadaire ne lui permettait pas. Cela se ressent dans la densité de chaque chapitre.
En France, l’édition est assurée par Delcourt/Tonkam, avec une publication entre 2013 et 2016. Le premier tome français est paru le 23 janvier 2013 et affiche une note de 4,8/5 sur Amazon d’après 598 avis – un démarrage qui ne laissait aucun doute sur l’accueil réservé à cette partie. Sur MyAnimeList, le manga est classé 2e de tous les temps, juste derrière Berserk de Kentaro Miura, avec une note de 9,33/10. Sur Manga Sanctuary, les 292 votants lui attribuent 9,05/10.
Combien de tomes compte Steel Ball Run et où se les procurer?
La réponse tient en un chiffre : 24 tomes. C’est la deuxième partie la plus longue de la saga, derrière JoJolion et ses 27 volumes. Pour les nouveaux lecteurs, deux options principales se présentent selon ce qu’ils cherchent.
La première option – et la plus intéressante sur le plan collector – est le coffret des 12 premiers tomes, disponible depuis le 4 décembre 2024 au prix de 89,95 euros. Il inclut un poster recto-verso, ce qui en fait un objet à part entière pour les fans. Un second coffret couvrant les tomes 13 à 24 est attendu en juillet 2025, également avec poster bonus.
Pour le marché anglophone, Viz Media a lancé son édition avec le premier volume sorti en mai 2025 seulement – ce qui explique pourquoi une partie des lecteurs anglophones n’a découvert l’œuvre que récemment, bien après les lecteurs français ou japonais.
| Édition | Éditeur | Disponibilité | Format |
|---|---|---|---|
| Française (tomes 1-12) | Delcourt/Tonkam | Coffret depuis déc. 2024 – 89,95 € | Coffret collector + poster |
| Française (tomes 13-24) | Delcourt/Tonkam | Coffret prévu juil. 2025 | Coffret collector + poster |
| Anglophone | Viz Media | Volume 1 sorti mai 2025 | Standard |
Les personnages principaux de Steel Ball Run
Deux protagonistes portent la série. Johnny Joestar est le « JoJo » de cette partie – mais rien dans son profil ne ressemble aux héros des arcs précédents. Ancien jockey prodige rendu paraplégique à la suite d’un accident, il participe à la course depuis un fauteuil roulant, motivé par une obsession mystique plutôt que par un sens du devoir. C’est un personnage fragile, ambigu, parfois peu sympathique – et c’est précisément ce qui le rend mémorable.
Gyro Zeppeli est son équipier et guide, un bourreau exécuteur du royaume de Naples qui maîtrise le « Spin » – une technique de rotation des aciers qui produit des effets comparables aux Stands des parties précédentes. Sa relation avec Johnny forme le cœur émotionnel de la série. Là où les duos de JoJo fonctionnent souvent sur un rapport maître/élève assez vertical, Gyro et Johnny évoluent vers quelque chose de plus organique.
La galerie de personnages secondaires est dense, avec notamment Diego Brando – une réinterprétation de Dio Brando dans cet univers alternatif, qui conserve le charisme du personnage original tout en le réinventant presque entièrement. Le président des États-Unis, Funny Valentine, joue le rôle d’antagoniste principal avec une philosophie politique construite et une puissance narrative rare dans le genre.
Steel Ball Run, une œuvre au sommet de la saga JoJo
Ce qui distingue Steel Ball Run des autres parties de JoJo, c’est la cohérence thématique. L’œuvre tourne autour de la notion de « Destin » avec une constance rare – chaque arc, chaque affrontement ramène à cette question de ce qui est dû à un être humain par la vie. Araki n’écrit pas une simple course d’obstacles : il construit une réflexion sur la légitimité du pouvoir, sur le sacrifice et sur ce qu’un homme est prêt à devenir pour survivre.
Le style graphique d’Araki atteint ici sa maturité. Les planches de Steel Ball Run sont plus aérées, les designs plus proches de l’illustration mode que des manga d’action classiques. L’influence de la peinture occidentale est perceptible dans les compositions – certaines pages fonctionnent comme des tableaux autonomes. C’est un évolution naturelle par rapport aux parties précédentes, qui bénéficie directement du passage au mensuel.
Pour ceux qui ont grandi avec des œuvres exigeantes comme Berserk ou le manga de Fukumoto, Steel Ball Run offre une densité narrative comparable, avec une lisibilité plus grande. La saga JoJo a d’ailleurs contribué à ce que le manga s’impose comme format dominant à l’international, et cette 7e partie en est l’un des vecteurs les plus efficaces.
Quand sortira l’anime Steel Ball Run?

L’annonce est tombée le 12 avril 2025 lors du JoJoday, et la production est confiée à David Production – le studio qui accompagne la saga depuis l’adaptation de la partie 2 en 2012. Le staff principal a été révélé lors de l’Anime Expo du 4 juillet 2025 : Yasuhiro Kimura et Hideya Takahashi à la réalisation, avec Toshiyuki Kato comme directeur de série.
Le « 1st Stage » – le premier épisode – est disponible sur Netflix depuis le 19 mars 2026. Sa durée de 47 minutes dépasse le format standard d’un épisode de série anime, ce qui indique une volonté de traiter le matériau source avec soin plutôt que de compresser les premiers chapitres. Le 2nd Stage est attendu à l’automne 2026, avec un rythme hebdomadaire sur la même plateforme.
L’anime Steel Ball Run réussit son lancement avec une note historique
Dès sa mise en ligne, l’anime Steel Ball Run a atteint la première place du classement MyAnimeList – aussi bien dans le Top All Anime que dans le Top Airing – avec un score de 9,38/10. C’est supérieur à la note du manga lui-même (9,33/10), ce qui est rare et révèle un enthousiasme immédiat du public.
Les adaptations précédentes de David Production avaient déjà établi un standard sérieux : la partie 4 « Diamond is Unbreakable » est saluée pour sa direction artistique colorée, et la partie 5 « Golden Wind » pour ses combats millimétrés. Ce premier épisode de 47 minutes semble avoir convaincu les spectateurs que le studio a compris l’enjeu particulier de cette partie.
Les retours des premiers spectateurs pointent notamment la gestion de l’ambiance western – la bande-son, les couleurs désaturées des plans larges sur le désert, le soin apporté aux mouvements des chevaux. Pour une partie dont la course est le cadre permanent, ces choix de mise en scène ne sont pas secondaires.
Steel Ball Run a mis trente ans à trouver son écran. Il semblerait qu’il n’ait pas perdu une minute à s’y installer.