Murata n’a pas de prénom. Après huit ans dans le Corps des Pourfendeurs, il n’a pas progressé d’un rang. Et pourtant, il est l’un des rares personnages de Kimetsu no Yaiba à avoir survécu à presque tout. Ce paradoxe résume assez bien ce qui rend ce personnage secondaire digne d’attention.
Quelle est l’histoire de Murata dans Demon Slayer?
Murata (村田) a perdu sa famille à cause des démons. Ce deuil brutal, partagé par beaucoup dans l’univers de Koyoharu Gotouge, l’a conduit à intégrer le Corps des Pourfendeurs sans autre option familiale. Son passé reste volontairement flou – la série ne nous donne ni prénom, ni détails sur les circonstances exactes de la tragédie.
Ce qui est documenté, c’est sa Sélection Finale : Murata a participé au même examen que Sabito et Giyu Tomioka, dans la forêt du mont Fujikasane. Cette sélection était d’une brutalité rare, même pour la série. Murata en est sorti vivant, mais pas grâce à ses propres exploits – c’est Sabito qui avait exterminé la quasi-totalité des démons présents, offrant une survie collective à ceux qui restaient.
Ce détail n’est pas anodin. Murata doit sa vie à un autre pourfendeur qu’il n’a probablement jamais eu l’occasion de remercier. Sabito mourut lors de cette même sélection, après avoir sauvé une génération entière de recrues.
Rang, capacités et lame : le profil de combat de Murata
Le Corps des Pourfendeurs classe ses membres sur une échelle de dix rangs, nommés d’après les tiges célestes du calendrier sino-japonais. Murata occupe le rang Kanoe, le 6e sur dix – soit une position médiane, loin des élites. Après huit ans de service actif, cette stagnation raconte quelque chose : certains pourfendeurs progressent vite, d’autres plafonnent.
Il pratique le Souffle de l’Eau, la technique de respiration la plus répandue dans le Corps. Ce n’est pas un hasard – le Souffle de l’Eau est accessible, polyvalent, et sert de base à de nombreuses branches dérivées. Mais la maîtrise de Murata reste partielle. Sa lame Nichirin en témoigne : elle ne développe aucune couleur vive caractéristique, sa teinte est si pâle qu’elle en devient indiscernable. Les lames Nichirin révèlent leur couleur quand le porteur atteint un niveau suffisant de concentration et de technique – l’absence de couleur est un indicateur honnête du niveau réel.
Au moment de l’arc du Château de l’Infini, ses capacités lui permettent d’affronter des démons équivalents aux Lunes Inférieures. C’est un seuil qui reste loin des Piliers – Gyomei Himejima, le Pilier de la Roche, opère dans une catégorie sans commune mesure – mais qui représente tout de même une menace réelle sur le terrain.
Murata au Mont Natagumo : seul survivant d’une escouade de dix
L’arc du Mont Natagumo est l’un des plus sombres de la série. Sur instruction d’un Corbeau Kasugai, Murata et neuf autres pourfendeurs furent dépêchés sur place pour neutraliser la menace. Aucun des neuf autres n’en revint. Murata fut le seul à survivre.
Cette escouade ne comprenait pas des recrues : c’étaient des pourfendeurs actifs, avec de l’expérience. Leur élimination quasi totale illustre ce que la série montre rarement de façon aussi crue – les rangs intermédiaires du Corps ne constituent pas une armée invincible. Ce sont des hommes et des femmes ordinaires, envoyés contre des démons qui les dépassent parfois largement.
La survie de Murata à Natagumo tient d’un mélange de chance, de timing et de l’intervention des protagonistes. Ce n’est pas un exploit personnel – et le personnage semble en avoir conscience. Il ne se vante pas, ne surjoue pas la bravoure. Cette lucidité sur ses propres limites lui confère une crédibilité que beaucoup de personnages shonen n’ont pas.
Murata reste un personnage secondaire essentiel à la cohérence de l’univers

Sans prénom révélé après l’intégralité de la série, Murata reste intentionnellement à distance. Ce choix narratif de Gotouge n’est pas une négligence – c’est une fonction. Murata incarne le pourfendeur ordinaire, celui qui ne deviendra jamais Pilier, qui ne porte pas de destin exceptionnel, mais qui se bat quand même.
Son existence ancre le récit dans une réalité humaine que les personnages comme Kanao Tsuyuri ou Tanjiro ne peuvent pas incarner seuls. Là où les protagonistes progressent de façon spectaculaire, Murata stagne – et cette stagnation après huit ans de service dit quelque chose de juste sur ce que vit la majorité des combattants du Corps.
Il sert aussi de jauge pour le lecteur. Quand Tanjiro affronte des démons que Murata ne pourrait pas tenir dix secondes, l’écart de puissance devient concret. Ce personnage sans éclat particulier calibre l’échelle de tout le reste.
Où retrouver Murata dans les films, jeux et adaptations de Demon Slayer?
Murata apparaît dans les deux films majeurs de la franchise. Dans Mugen Train, son rôle reste discret. C’est dans Demon Slayer: Infinity Castle, sorti au Japon le 18 juillet 2025 et en Amérique du Nord le 12 septembre 2025 en IMAX et grands formats premium, qu’il participe à l’assaut final du Château de l’Infini avec les autres membres du Corps.
Du côté des jeux vidéo, il est présent dans The Hinokami Chronicles, sa suite The Hinokami Chronicles 2, ainsi que dans Sweep the Board! Ces apparitions confirment que les équipes de développement considèrent ce personnage secondaire comme suffisamment ancré dans l’univers pour mériter d’y figurer.
Côté doublage, voici les informations par version :
- Version japonaise : Kōki Miyata
- Version anglaise : Khoi Dao
- Version française : David Dos Santos
Murata n’aura peut-être jamais son arc solo ni son prénom officiel. Mais dans une série où les Piliers concentrent toute la lumière, un pourfendeur qui revient vivant de Natagumo et du Château de l’Infini sans être exceptionnel – ça, c’est une forme de résistance tranquille.