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Goldorak : tous les personnages de la série, héros et ennemis

Goldorak a débarqué en France le 3 juillet 1978 sur Antenne 2, dans l’émission Récré A2, et a littéralement fracassé les après-midis d’une génération entière. Pourtant, derrière le robot géant et ses armes spectaculaires, c’est une galerie de personnages complexes – héros blessés, ennemis tragiques, femmes de caractère – qui explique pourquoi la série tient encore la route quarante-cinq ans plus tard. Voici un tour complet du casting, des deux côtés de la ligne de front.

Actarus, le prince exilé au cœur de la série

Actarus est bien plus qu’un pilote de robot. C’est un prince déchu, survivant du génocide de la planète Euphor, anéantie par les forces de l’empire de Véga. Quand sa civilisation s’effondre, il ne fuit pas les mains vides : il dérobe à l’ennemi son arme la plus redoutable, Goldorak, et s’exile dans l’espace avec cette machine de guerre comme seul bagage.

Sur Terre, il choisit l’anonymat. Il se cache sous une identité d’emprunt au ranch du Bouleau Blanc, où il travaille comme simple garçon d’écurie. Ce contraste entre sa vraie nature – un prince guerrier extraterrestre – et sa vie quotidienne banale donne à la série une tension narrative rare pour un shonen de cette époque.

C’est précisément cette dualité qui rend Actarus si attachant. Quand il monte dans Goldorak, il porte le deuil d’un peuple entier. Chaque combat contre l’empire de Véga est autant une guerre de survie qu’une vengeance personnelle. La série ne l’oublie jamais vraiment, même dans les épisodes les plus axés action.

Qui est l’ami d’Actarus dans Goldorak?

Alcor est le meilleur ami d’Actarus et la figure centrale du soutien humain dans la série. Les fans de Mazinger Z le reconnaissent : Alcor est l’ancien héros de cette série, ce qui en fait un vétéran des combats de robots géants bien avant de croiser la route d’Actarus.

Au début, Alcor pilote l’OV-Terre, un petit engin volant aux capacités limitées face aux Mécabêtes de l’empire. Le professeur lui construit ensuite l’Alcorak, un vaisseau de combat conçu comme complément de Goldorak pour les affrontements aériens. Le duo fonctionne : là où Goldorak encaisse les dommages au corps à corps, l’Alcorak apporte mobilité et soutien à distance.

Le personnage d’Alcor remplit aussi une fonction narrative précise : il ancre Actarus dans le monde des humains. C’est lui qui fait le lien entre le prince exilé et la réalité terrestre, qui rappelle à Actarus qu’il défend des gens réels, pas seulement une cause abstraite.

Les personnages féminins de Goldorak

Vénusia est sans doute le personnage féminin le plus mémorable de la première moitié de la série. Fille de Rigel, le propriétaire du ranch du Bouleau Blanc, elle côtoie Actarus au quotidien et tombe amoureuse de lui – une relation délicate, puisqu’il garde jalousement son identité secrète. Elle n’est pas une spectatrice passive : après avoir été grièvement blessée lors d’une attaque de l’empire de Véga, elle reçoit une transfusion de sang qui modifie son organisme et lui confère des capacités physiques accrues.

Cette évolution lui ouvre les portes de la Patrouille des Aigles. À partir de l’épisode 41, elle pilote le Vénusiak, un vaisseau amphibie capable d’évoluer aussi bien dans les airs que sous l’eau. La série lui offre ainsi une progression réelle, de personnage en danger à combattante à part entière.

Phénicia entre en scène bien plus tard, à l’épisode 49. C’est la sœur cadette d’Actarus, rescapée de la destruction d’Euphor mais privée de tous ses souvenirs. Elle a grandi sur Terre sans savoir qui elle était vraiment. Sa révélation progressive – et la façon dont les deux frères et sœur se retrouvent – constitue l’un des arcs émotionnels les plus forts de la seconde partie de la série.

Phénicia pilote le Fossoirak, un engin équipé de foreuses qui permet à Goldorak d’opérer sous terre. Une spécialité tactique unique dans l’équipe, qui complète les capacités aériennes de l’Alcorak et maritimes du Vénusiak.

Quel est le nom du méchant dans Goldorak?

Le grand antagoniste de la série se nomme le Roi Véga. C’est lui qui a ordonné la destruction d’Euphor et qui dirige l’empire ennemi avec une brutalité assumée. Personnage autoritaire et impitoyable, il méprise autant ses lieutenants que ses adversaires terriens. Sa motivation centrale tourne autour de la conquête et de la survie de son peuple – ce qui lui donne, malgré tout, une épaisseur que n’ont pas les simples tyrans de cartoon.

En dessous de lui, la hiérarchie militaire repose sur trois commandants principaux :

  • Minos (aussi orthographié Minas) : le lieutenant le plus présent à l’écran, stratège impulsif et figure de rivalité directe avec Actarus.
  • Hydargos : commandant aux méthodes plus froides, souvent chargé des missions de destruction massive.
  • Horos : troisième pilier de l’état-major vegien, dont les interventions jalonnent la seconde partie de la série.

Cette structure en trio de lieutenants est un classique du shonen d’action des années 1970, mais Goldorak lui donne une densité narrative supérieure à la moyenne en montrant leurs rivalités internes et leurs rapports tendus avec Véga.

Minos, le personnage ennemi le plus marquant de la série

Parmi les trois lieutenants, Minos s’impose comme le plus mémorable – et de loin. Son statut de commandant de l’empire de Véga va de pair avec une présence à l’écran bien supérieure à celle d’Hydargos ou d’Horos. Il pilote lui-même des engins de combat, prend des initiatives, essuie des défaites et revient. Ce n’est pas un bureaucrate militaire : c’est un combattant.

Ce qui rend Minos intéressant, c’est sa relation avec Actarus. Elle ne se limite pas à la simple opposition héros-ennemi. Il y a entre eux une forme de respect ambigu, de reconnaissance mutuelle qui affleure dans certains épisodes. Minos connaît l’identité réelle d’Actarus, sait ce qu’il représente, et continue malgré tout à le combattre – non par haine aveugle, mais par loyauté envers Véga et sa propre conception du devoir.

Les épisodes où Minos apparaît en premier plan sont généralement parmi les plus denses en termes de dramaturgie. La série le traite avec suffisamment de nuance pour qu’on comprenne ses motivations sans pour autant le blanchir. C’est le type de personnage antagoniste que le seinen affinera des décennies plus tard, mais qui existait déjà ici en germe.

Végalia, la fille de Véga : un lien inattendu avec Actarus

Végalia est la fille du Roi Véga, et son existence dans la série crée une tension dramatique que peu de spectateurs de l’époque avaient anticipée. Avant que l’empire ne détruise Euphor, les deux familles avaient conclu une alliance : Végalia devait épouser Actarus. Un mariage politique qui aurait peut-être évité la guerre.

Cette promesse brisée donne à Végalia une position singulière dans le récit. Elle n’est pas simplement la fille du tyran. Elle est aussi une victime de la politique de son père, tiraillée entre sa loyauté familiale et les sentiments que lui inspire Actarus. Ce type d’angle – l’ennemi qui aurait pu être un allié, ou même un proche – est l’un des ressorts narratifs les plus puissants de la série.

Le fait que cet aspect de la mythologie Goldorak soit peu connu du grand public montre à quel point la série était plus construite qu’on ne l’imagine. Ce n’est pas une simple succession d’épisodes où un robot écrase des Mécabêtes : c’est une saga avec une géopolitique intérieure, des deuils croisés et des liens humains qui traversent même les lignes ennemies.

Goldorak : le robot est lui aussi un personnage à part entière

Goldorak n’est pas un outil. Dans la logique narrative de la série, le robot occupe une place de protagoniste à part entière. C’est une machine de guerre extraterrestre en deux parties : le robot Mecha proprement dit, et la soucoupe de transport dans laquelle Actarus voyage entre les épisodes. Les deux éléments fusionnent pour donner naissance au géant de combat que les téléspectateurs français ont appris à reconnaître à la seconde.

Son arsenal est riche et chaque arme a ses fans. L’Astérohache – Double Harken en version originale japonaise – est probablement la plus iconique : deux tranchants en forme de croissant de lune jaillissent des épaules du robot, reliés par un long manche pour former une hache gigantesque. L’image est restée dans toutes les mémoires. Goldorak dispose aussi de missiles dorsaux, de rayons oculaires et d’autres capacités qui varient selon les épisodes.

Ce qui fait de Goldorak un personnage et pas seulement un décor, c’est le lien qu’il entretient avec Actarus. Le robot vient d’Euphor. Il est le dernier vestige matériel de la civilisation détruite du prince. Le piloter, c’est aussi porter ce deuil, épisode après épisode.

Comment s’appelle le nouveau Goldorak?

La série originale a produit 74 épisodes de 26 minutes chacun, diffusés au Japon entre le 5 octobre 1975 et le 27 février 1977. Pendant des décennies, aucune suite officielle n’a vu le jour – ce qui a entretenu un mythe intact autour de la version originale.

Le reboot le plus attendu est UFO Robot Grendizer-U, titre qui reprend le nom original japonais de la série. Ce projet anime a été annoncé par Dynamic Planning et Toei Animation, avec une volonté affichée de moderniser le chara-design tout en respectant l’esprit de l’œuvre de Gō Nagai. La production a suscité des réactions partagées chez les fans : enthousiasme pour le retour d’Actarus et de son robot, inquiétude quant aux modifications apportées aux personnages et à l’esthétique.

Un jeu vidéo intitulé UFO Robot Grendizer: The Feast of the Wolves est également sorti en 2023, développé par le studio français The Pixel Hive – preuve que l’attachement à la série reste fort en France, là où Goldorak a peut-être rencontré son public le plus fervent au monde.

Goldorak dans son contexte : une série qui s’inscrit dans la trilogie Mazinger

Goldorak est le troisième volet de la trilogie Mazinger de Gō Nagai, après Mazinger Z et Great Mazinger. Cette filiation explique pourquoi Alcor – déjà héros de Mazinger Z – se retrouve aux côtés d’Actarus. Toei Animation a produit la série en 1975 avec la même équipe créative, et le passage d’un titre à l’autre était alors un événement pour les téléspectateurs japonais.

Mais c’est en France que la série a connu son impact le plus durable. Arrivée sur Antenne 2 dans Récré A2 le 3 juillet 1978, elle a attiré des audiences massives dans un pays où l’animation japonaise était encore inédite à cette échelle. Goldorak a littéralement ouvert la porte aux séries qui ont suivi – Albator, Capitaine Flam, Les Chevaliers du Zodiaque – en habituant le public français à un style narratif et visuel radicalement différent des productions occidentales de l’époque.

Les personnages de Goldorak ont traversé les décennies non pas parce qu’ils sont simples, mais parce qu’ils portent chacun une blessure, une dette, ou un secret. Actarus défend une planète morte. Vénusia combat pour un homme qui lui cache qui il est vraiment. Minos obéit à un roi dont il connaît probablement les limites. C’est ce tissu de contradictions, héritage direct du manga de Gō Nagai, qui fait que la série parle encore – bien après la fin de l’émission Récré A2.

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